Une semaine à parler de... Bayrou. Si un extra-terrestre avait cherché à comprendre ce que c'est qu'une élection présidentielle en France en obsevant ce qui c'est passé dans l'actualité cette semaine, il aurait sans doute eu bien du mal à le comprendre tant il est vrai qu'on a jamais autant parlé de quelqu'un qui a échoué au premier tour.
Dans un premier temps, ceci a semblé être plutôt favorable à la gauche, une gauche qui avait craint le pire, id est, un second 21 avril ou si on préfère les traductions: une disqualification prématurée. Enfin, la gauche... L'arrière garde de la gauche d'hier, celle qui n'avait toujours pas compris - ou qui n'avait pas voulu comprendre que la démarche de Bayrou consistait à glisser à gauche; plus exactement à se laisser glisser à gauche, porté par une rivière démocratique, au gré d'un courant d'opinions favorables et sur un air de "c'est pas moi qui l'ai voulu, ce sont les électeurs..."
Mais au fond et maintenant que l'agitation autours du cas Bayrou va retomber, quel bilan dresser de cette semaine de tractations? Quelle moisson?
Assez maigre en vérité: pas de ralliement, pas de consigne, pas d'alliance, pas de concept de nouvelle majorité présidentielle et un problème chronique:
Comment ne pas avoir l'air d'avoir fait une campgne trop à gauche, un pacte trop à gauche quand l'évènement majeur, hormis le recul très net du FN au profit de la droite parlementaire, est l'émergence d'une force politique considérable au centre?
Et à présent comment construire un pont qui aille du ralliement sans condition de la gauche contestataire enfin plutôt ce qu'il en reste, c'- preuve que le programme était contestatairo-compatible ou encore, plus simplement, ancré bien à gauche, à la figure d'un centre gauche façon F. Bayrou et qui ne lâche rien sur ses thèmes de différenciation avec la candidate socialiste, sous peine de perdre son électorat, sa crédibilité et donc son avenir?
S. Royal va-t-elle devoir se renier? Et, le souhaiterait-elle, va-t-elle pouvoir le faire sans apparaître comme n'ayant vraiment aucune force de conviction?
C'est un pont qu'il ne sera pas facile de construire tant les fondations sont mouvantes, les matériaux peu sûr et le chantier constamment sous le feu de tirs croisés, sans cesse tiraillé d'intérêts profondément divergents. Une entreprise perilleuse si ce n'est désespérée.
Comment ne pas penser, dès lors, à la cette chanson de Jimmy, c'est bien Jimmy, n'est-ce pas?
"Many rivers to cross... But I can't seem to find my way over? Wandering I am lost as I travel along The white cliffs of Dover [...] And this loneliness won`t leave me alone It`s such a drag to be on your own"
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